Il n’est pas nécessaire d’épiloguer sur l’insécurité juridique qui règne actuellement. Mais à l’heure où notre droit positif est affecté de changements aussi rapides qu’inattendus (pour ne pas dire irrationnels), alors que de surcroît il va se complexifiant, tandis que ses sources, se diversifiant, perdent de leur autorité, la voie la plus sûre est d’en revenir à une approche très casuistique du droit. Aujourd’hui c’est dans l’abord de questions précises posées au sujet de cas analysés avec la rigueur requise que l’on peut espérer retrouver le sens des principes.

 

L’information juridique de qualité est devenue un bien rare, et d’autant plus précieux. Un auteur a parlé de la motorisation du législateur moderne, et de la course inégale qui s’engage entre lui et celui, responsable, juriste ou non, qui a une décision à prendre. Et ce n’est pas seulement une question de connaissance de l’état du droit positif. Il n’est pas rare que l’alea de l’information tienne à ce qu’il faut aussi anticiper sur les solutions qui auront gain de cause, quand bien même seraient-elles erronées.

 

En réalité le défi n’est pas impossible à relever, dès lors que l’on retient certaines clés. Par exemple, la spécialisation à outrance n’est pas productive. Et, dans le même ordre d’idées, il est plus facile, dès lors que chaque cas est unique, de raisonner au cas par cas que de chercher à dégager des règles générales. Ou encore, la solution d’une question germe mieux par la discussion, parce que la discussion est comme l’élément où se meut naturellement le Droit.

 

Dans un tel contexte de crise du droit, l'avocat a le devoir de continuer de remplir ses missions de defenseur et de conseil désintéressé et loyal, et de contribuer ainsi à résoudre les différends. Il ne saurait échapper à cet exercice qui exige que l’attention la plus scrupuleuse soit prêtée à chaque cas particulier.

 
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